Guy Laforest

Accueil » Non classé » Justin Trudeau et le fédéralisme de réconciliation

Justin Trudeau et le fédéralisme de réconciliation

La version en langue anglaise suit le texte en français / An English-language version follows the text in French

Justin Trudeau et le fédéralisme de réconciliation

Guy Laforest (Université Laval) et Janique Dubois (Université d’Ottawa)

L’année 2017 marque le cent-cinquantième anniversaire de la fondation fédérale du Canada. En effet, en mars 1867, le parlement britannique avait adopté le British North America Act, lequel entra en vigueur le premier juillet 1867. Tout au long de l’année, tant sur les scènes politique qu’intellectuelle, de nombreux événements souligneront cet anniversaire. Nous ferons d’abord un clin d’œil ici à une importante série d’études parrainée depuis Montréal par l’Institut de recherche en politiques publiques (IRPP), sous le leadership de son président, Graham Fox, et du directeur de la recherche, Leslie Seidle. Nous mentionnerons aussi un colloque organisé par le Groupe de recherche sur les sociétés plurinationales (GRSP), dirigé par le professeur de l’UQAM Alain-G. Gagnon, et à l’organisation duquel contribuent également les professeurs Johanne Poirier (McGill), Eugénie Brouillet (Laval) et Guy Laforest (Laval). Ce colloque, intitulé « Le fédéralisme canadien et son avenir : acteurs et institutions », s’est déroulé à l’Université McGill et au Musée de la civilisation de Québec, les 23-24 mars 2017. Nous soulignons aussi la tenue du colloque de l’Association canadienne de science politique dans le cadre du congrès de la Fédération des sciences humaines le 1-3 juin à Toronto où nous ferons le point sur le fédéralisme de réconciliation au Canada.

Dans ce billet, nous souhaitons contribuer à mieux saisir la vision du fédéralisme qui semble inspirer M. Justin Trudeau, Premier Ministre du Canada, à la tête d’un gouvernement libéral majoritaire depuis son triomphe électoral du 19 octobre 2015. Comme Donald Trump, Justin Trudeau est passé maître dans l’art de l’utilisation et du contrôle des nouveaux médias sociaux. Contrairement à lui, il est un adepte du féminisme, du pacifisme, et d’une approche multiculturelle généreuse à l’égard de l’immigration en général, et des réfugiés en particulier.  Mais qu’en est-il à propos de sa compréhension du fédéralisme ? À cet égard, les choses paraissent moins claires. Il y a quelque cinquante ans M. Pierre-Elliott Trudeau, père du Premier Ministre actuel, devenait Ministre de la Justice dans le gouvernement de Lester Pearson, publiait un livre important sur le fédéralisme – Le fédéralisme et la société canadienne-française –, et s’apprêtait à se lancer dans une course à la direction du Parti libéral, de laquelle il sortirait vainqueur avant de succéder à Lester Pearson à la tête du pays en 1968.  Nous évoquons, au passage, certaines idées sur le fédéralisme de Trudeau l’Ancien dans notre effort de cerner celles de Trudeau le Jeune.

Quelques mots, au préalable, à propos de la théorie et de l’histoire du fédéralisme. Depuis les célèbres travaux de James Madison dans les Federalist Papers, le fédéralisme est un système de gouvernement, ou un mode d’organisation de la vie politique, lequel, en divisant la souveraineté et en créant des zones de tension mais aussi d’autonomie et d’interdépendance entre divers ordres de gouvernement, contribue à la préservation des libertés individuelles et collectives. Si l’on ajoute la perspective sociologique à la perspective institutionnelle, comme le fait Alain-G. Gagnon dans son article, The Political Uses of Federalism, le fédéralisme offre des protections de la diversité et de l’autonomie des peuples et nations minoritaires, tout en assurant une forme substantielle d’unité entre les diverses composantes pour le maintien de la paix et de l’harmonie. Cette double perspective, institutionnelle et sociologique, et cette quête d’un équilibre, toujours précaire, entre les exigences de la diversité et celles de l’unité, étaient toutes deux au cœur des préoccupations des fondateurs dans les moments qui précèdent et suivent la confédération canadienne (Brouillet, Gagnon et Laforest, 2016; 111-15). Trudeau l’Ancien en parle abondamment dans son livre de 1967 (Trudeau, 1967; 194-205), et Trudeau le Jeune ne saurait les ignorer en 2017.

Or, les fondateurs du Canada ne sont pas les premiers à constater les bienfaits du fédéralisme comme mode d’organisation de la vie politique. Ce principe est notamment évoqué dans l’union des peuples Mohawk, Oneida, Cayuga, Seneca et Onondaga dans la confédération Haudenosaunee (iroquoise) au 16e siècle, à laquelle se joignent éventuellement les Tuscaroras. Selon la légende Haudenosaunee, ces nations sont amenées à travailler ensemble par l’artisan de la paix qui leur démontre qu’on peut plus facilement casser une flèche qu’un paquet de flèches mises ensemble. En acceptant de participer à cette union politique, ces partenaires de la confédération Haudenosaunee choisissent la paix plutôt que le conflit, la force collective plutôt que le pouvoir individuel. Pour ces nations, comme pour plusieurs autres, le fédéralisme contribue à l’harmonie collective tout en préservant l’autonomie des partenaires au sein de la confédération.

Outre les desseins de la préservation de l’autonomie des partenaires, le fédéralisme accroit les lieux de participation politique, favorise la délibération, et multiplie les centres de décisions. Il encourage également à l’émulation, à l’innovation et à la compétition dans les politiques publiques entre les partenaires et invite citoyennes et citoyens au partage et à la redistribution avec leurs semblables à partir des communautés de proximité. Immanquablement, des tensions surgiront, mais on peut penser, sans verser dans l’idéalisme, que celles-ci auront globalement des effets positifs tant et aussi longtemps que la poursuite de l’unité se fera dans un esprit de respect des différences. On peut aussi penser que le rassemblement des forces des uns et des autres, lequel est au cœur de la pratique fédérale, contribuera à élargir l’influence des partenaires dans le monde, et à leur permettre de faire ensemble des choses qu’ils n’auraient pas pu faire séparément.

Depuis la confédération canadienne, les exigences de la diversité et celles de l’unité ont mené nos chefs politiques à épouser diverses doctrines du fédéralisme. Arrivé au pouvoir avec le langage du fédéralisme d’ouverture en 2006, Stephen Harper s’est retiré après sa défaite de 2015 en laissant le souvenir d’un gouvernement souvent capable de rigidité et d’implacabilité dans ses rapports avec ses partenaires. Par contraste, Justin Trudeau et son gouvernement ont réussi à changer le fédéralisme exécutif et les relations intergouvernementales au Canada – du moins au niveau du discours. Nous en voulons pour preuve, d’abord, la réponse que fit M. Trudeau durant la longue campagne électorale de l’été 2015 à la missive que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, avait envoyée à tous les dirigeants des partis fédéraux:

Il nous faut constamment revenir à l’esprit fédéral: cette idée que nous devons travailler ensemble, dans le respect des différences, pour atteindre nos objectifs communs.  Les défis auxquels nous faisons face ne peuvent être résolus uniquement à partir d’Ottawa. Ils exigent un vrai partenariat entre le gouvernement fédéral et les provinces et une vision fédérale qui respecte les compétences du Québec et de toutes les provinces. Cela nécessite un dialogue continu (Trudeau, 2015; 1).

Comme Christopher Dunn l’a intelligemment expliqué dans une étude pour le compte de l’IRPP, on retrouve ce vocabulaire du dialogue, de la collaboration et du partenariat dans l’ensemble des textes et des discours associés à la campagne de Justin Trudeau en 2015, et il en va de même pour les principaux discours et documents gouvernementaux depuis son accession au pouvoir (Dunn, 2016; 12).

Alors qu’il tend la main vers les provinces et s’engagea le soir de son triomphe électoral de faire « de la collaboration avec les provinces le principe premier de ses actions » (Trudeau, 2015b), M. Trudeau n’hésita pas à hiérarchiser les partenaires avec qui il collabore depuis son accession au pouvoir. Dans son discours lors de la cérémonie d’assermentation le 4 novembre 2015, il déclare: « Aucune relation n’est plus importante pour moi et pour le Canada que la relation avec les peuples autochtones. Il est temps de renouveler la relation de nation à nation avec les peuples autochtones pour qu’elle soit fondée sur la reconnaissance des droits, le respect, la collaboration et le partenariat » (Trudeau, 2015c et Trudeau, 2015d). Cette déclaration, exprimée dans les lettres de mandat à son cabinet, qui furent d’ailleurs publiées par souci renouvelé d’une plus grande transparence, est reprise à peu près mot à mot dans le discours du Trône prononcé par le gouverneur-général du Canada, David Johnston, le 4 décembre 2015. Dans ce discours, M. Trudeau prit à ce sujet les engagements suivants: « Entre autres mesures, le gouvernement collaborera à la mise en œuvre de recommandations de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, lancera une enquête sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, et travaillera avec les Premières Nations afin que chaque enfant d’une Première Nation reçoive une éducation de qualité » (Gouvernement du Canada, 2015). Le tout fait partie de son engagement d’établir un véritable partenariat de nation à nation avec les peuples autochtones.

Depuis son élection à la chefferie du parti libéral en 2013 et à la tête du gouvernement majoritaire fédéral en 2015, M. Trudeau s’engage – en toute transparence – à établir un fédéralisme qui respecte la souveraineté des partenaires. Ce respect des différences est nécessaire, selon lui, pour atteindre nos objectifs communs dont une stratégie pour contrer les changements climatiques, un engagement envers la jeunesse et une approche multiculturelle généreuse à l’égard des immigrants et des réfugiés. Dans son discours quant à la poursuite d’objectifs communs, comme dans celui sur la relation avec ses partenaires, M. Trudeau établit un ordre de priorité. Au premier fil se trouve la réconciliation avec les peuples autochtones.

Nous constatons qu’en campagne électorale aussi bien qu’au pouvoir, Justin Trudeau tient un discours transparent, assez cohérent et hautement normatif qui prône le fédéralisme de réconciliation. De par ce discours, il nourrit de grandes ambitions. Alors que la réconciliation avec les peuples autochtones est au premier rang des priorités dans le discours de M. Trudeau, la position des provinces quant à cet objectif est moins évidente. Le premier ministre du Canada peut-il souscrire au fédéralisme de réconciliation tout en respectant la souveraineté des partenaires dans la confédération ? Voilà une question qui va au-delà du discours.

Bibliographie

DUNN, Christopher (2016), « Harper without Jeers, Trudeau without Cheers : Assessing 10 Years of Intergovernmental Relations », Institut de recherche en politiques publiques, Numéro 8, Montréal, http://irpp.org/fr/research-studies/insight-no8/, consulté en ligne le 9 mars 2017.

FORAN, Charles (2017), « The Canada Experiment : Is this the World’s First post-national Country ? », The Guardian, 4 janvier 2017,  https://www.theguardian.com/world/2017/jan/04/the-canada-experiment-is-this-the-worlds-first-postnational-country, consulté en ligne le 17 janvier 2017.

GAGNON, Alain-G. (1993), « The Political Uses of Federalism », dans Alain-G. Gagnon et Michael Burgess (dir.), Comparative Federalism and Federation: Competing Traditions and Future Directions, Toronto, University of Toronto Press.

GOUVERNEMENT DU CANADA (2015), « Réaliser le vrai changement: discours du Trône ouvrant la première Session de la quarante-deuxième Législature du Canada », Ottawa, 4 décembre 2015, http://discours.gc.ca/sites/sft/files/discours_du_trone.pdf, consulté en ligne le 17 janvier 2017.

LAFOREST, Guy (2014), Un Québec exilé dans la fédération: essai d’histoire intellectuelle et de pensée politique, Montréal, Québec Amérique.

TRUDEAU, Justin (2016), « Discours prononcé devant l’Assemblée extraordinaire des Chefs de l’Assemblée des Premières Nations », Gatineau, Québec, le 6 décembre 2016, http://pm.gc.ca/fra/nouvelles/discours, consulté en ligne le 17 janvier 2017.

TRUDEAU, Justin (2015a), « Lettre du chef du Parti libéral du Canada au premier ministre du Québec », réponse de Justin Trudeau à une lettre de Philippe Couillard, https://www.liberal.ca/fr/lettre-du-chef-du-parti-liberal-du-canada-au-premier-ministre-du-quebec/, consulté en ligne le 17 janvier 2017.

TRUDEAU, Justin (2015b), « Justin Trudeau, for the record: ‘We beat fear with hope’ », retranscription du discours prononcé le soir de la victoire électorale du 19 octobre 2015, http://www.macleans.ca/politics/ottawa/justin-trudeau-for-the-record-we-beat-fear-with-hope/, consulté en ligne le 17 janvier 2017.

TRUDEAU, Justin (2015c), « Déclaration du Premier Ministre du Canada suite à l’assermentation du 29e Conseil des Ministres », http://pm.gc.ca/fra/nouvelles/2015/11/04/declaration-du-premier-ministre-du-canada-suite-lassermentation-du-29e-conseil, consulté en ligne le 17 janvier 2017.

TRUDEAU, Justin (2015d), « La diversité, force du Canada », discours prononcé à Londres le 26 novembre 2015, http://pm.gc.ca/fra/nouvelles/2015/11/26/la-diversite-force-du-canada, consulté en ligne le 17 janvier 2017.

TRUDEAU, Pierre-Elliott (1967), Le fédéralisme et la société canadienne-française, Montréal, Hurtubise HMH.

Guy.Laforest@pol.ulaval.ca

Janique.Dubois@uottawa.ca

 

 Justin Trudeau and Reconciliatory Federalism

Guy Laforest (Université Laval) et Janique Dubois (University of Ottawa)

In Canada, 2017 will be a year of celebrations. It is indeed the 150th anniversary of the federal founding of the country. In March 1867, the British Parliament adopted the British North America Act, which became the law of the land on July 1st, 1867. Throughout 2017, in political as well as intellectual public spheres, many events will underline this anniversary. We wish first to acknowledge here the publication of an important series of studies under the stewardship of the Institute for Research on Public Policy (IRPP) in Montreal, entitled Canada’s Changing Federal Community, under the leadership of IRPP’s President, Graham Fox, and the director of research, Leslie Seidle. We shall also mention a conference put together by the Research Group on Plurinational Societies (French acronym, GRSP), directed by Professor Alain-G. Gagnon from Université du Québec à Montréal, and co-organized by Professors Johanne Poirier (McGill), Eugénie Brouillet (Laval) and Guy Laforest (Laval). This conference, entitled, « Canadian Federalism and its Future: Actors and Institutions », took place at McGill University and at the Musée de la civilisation in Québec City, March 23-24, 2017. We also underline the upcoming Canadian Political Science Association conference that will take place during the Congress of the Federation of Humanities and Social Sciences in Toronto on June 1-3 at which we will present initial findings about the state of reconciliatory federalism in Canada.

In this entry, we aim to better understand the vision of federalism espoused by the current Prime Minister of Canada, Mr. Justin Trudeau, elected at the helm of a majority Liberal government in mid-October, 2015. Like Donald Trump, Justin Trudeau is a master of new social media. Unlike him, he is a feminist, a pacifist and an advocate of a generous multicultural approach towards immigrants in general and refugees in particular. What we should make of his approach towards federalism, however, appears less clear. Some fifty years ago, Pierre-Elliott Trudeau, the father of the current Prime Minister, became Minister of Justice in the cabinet of then Liberal leader Lester B. Pearson, and published an important book about federalism – Federalism and the French Canadians – as he was about to launch himself into the leadership race that saw him replace Pearson at the helm of the country in June 1968. We only obliquely refer here to Trudeau the Elder’s ideas concerning federalism in our attempt to ascertain those of Trudeau the Young.

Before undertaking this task, it is useful to reflect on the theory and history of federalism. Since the famous reflections of James Madison in The Federalist Papers at the end of the 18th century, federalism has been viewed as a system of government, or as a mode of organization of political life, which, in dividing sovereignty and establishing zones of tension as well as spaces of autonomy and interdependence between various orders of government, contributes to the preservation of individual and collective liberties. Adding the sociological perspective to the institutional one, as Alain-G. Gagnon does in his widely read chapter, The Political Uses of Federalism, federalism offers safeguards for the autonomy and diversity of peoples and minority nations, while ensuring a substantial form of unity between constituent units in the pursuit of peace and harmony (Gagnon, 1993; 21-26). This dual perspective, institutional and sociological, and the search for a balance, albeit precarious, between the exigencies of diversity and unity, were at the forefront of concerns in the moments that led and followed Canadian Confederation (Brouillet, Gagnon and Laforest, 2016; 111-115). Trudeau the Elder wrote at length about this concern in his 1967 book (Trudeau, 1967; 194-205), and the Young Trudeau would ignore them at his own peril.

However, the founders of Canada were not the first to turn to federalism as a mode of political organization. Federalism was most notably used during the union of the Mohawk, Oneida, Cayuga, Seneca and Onondaga nations in the Haudenosaunee Confederacy at the end of the 16th century, which the Tuscaroras eventually joined. According to Haudenosaunee legend, these nations were convinced to work together by the Peacemaker who showed them that a single arrow is more easily broken than a bundle of arrows put together. In accepting to participate in a political union, these partners in the Haudenosaunee Confederacy chose peace over conflict, collective strength over individual power. For these nations, as for many others, federalism contributes to collective harmony while preserving the autonomy of partners in confederation.

Beyond securing the autonomy of partners, federalism broadens the avenues for political participation, fosters deliberation and multiplies sites of decision-making. It also encourages emulation, innovation and competition in various fields of public policy and invites citizens to share and redistribute amongst co-equals. Some tensions will undeniably emerge, but we can expect, without falling into the abyss of idealism, that these tensions will have mostly positive effects as long as unity is pursued in a spirit of respect for difference. It is also reasonable to expect that, by convening their respective forces, a key federal practice, partners will increase their sphere of influence in the world and accomplish goals that would have remained otherwise unattainable.

Since Canadian Confederation, the exigencies of diversity and unity have led our political leaders to espouse different doctrines of federalism. Ascending to power praising the discourse of open federalism in 2006, Stephen Harper’s retirement following his 2015 defeat left memories of a government often capable of rigidity and implacability in its relations with partners. The least we can say is that Justin Trudeau and his government have successfully managed to shift executive federalism and intergovernmental relations – at least in discourse. This is evident in Mr. Trudeau’s response to the Premier of Québec, Philippe Couillard, during the federal electoral campaign of 2015 in which he committed to govern in accordance with the federal spirit, to work together with partners while respecting differences in the pursuit of common objectives (Trudeau, 2015a; 1). As Christopher Dunn has aptly shown in a study for the IRPP (Dunn, 2016), the vocabulary of dialogue, collaboration and partnership runs through the documents and speeches of Trudeau’s 2015 campaign and has persisted since his entry into office.

Despite his open arms approach towards provinces and a commitment, affirmed on the night of his 2015 electoral triumph, to make collaboration with provinces a key principle (Trudeau, 2015b), Mr. Trudeau has not hesitated to establish a hierarchy amongst the partners with which he collaborates. During his swearing-in ceremony on November 4, 2015, Trudeau declared: “No relationship is more important to me and to Canada than the one with Indigenous peoples. It is time for a renewed, nation-to-nation relationship with Indigenous peoples based on recognition of rights, respect, co-operation and partnership » (Trudeau, 2015c and Trudeau, 2015d). This declaration, also found in ministerial mandate letters that were published in keeping with a renewed interest for transparency, appears almost word for word in the Throne Speech pronounced by Canada’s Governor General, David Johnston, on December 4, 2015. In this speech, the federal government, under Trudeau’s leadership, made the following commitments: « Among other measures, the Government will work co-operatively to implement recommendations of the Truth and Reconciliation Commission of Canada, will launch an inquiry into missing and murdered Indigenous women and girls, and will work with First Nations so that every First Nations child receives a quality education » (Government of Canada, 2015). These initiatives are part of his commitment to establish a nation to nation partnership with Indigenous peoples.

Since his election as the leader of the Liberal party in 2013 and at the helm of a majority government in 2015, Mr. Trudeau has committed – in full transparency – to a form of federalism that respects the sovereignty of partners. This respect for difference is needed, according to him, to achieve collective objectives that include a strategy to fight climate change, an engagement with youth and a generous multicultural approach towards immigrants and refugees. In his discourse related to these objectives, like that related to his relationship with partners, Mr. Trudeau establishes a hierarchy. At the top of the agenda is reconciliation with Indigenous peoples.

We can observe from campaign promises to government announcements that Mr. Trudeau has held a transparent, fairly coherent and highly normative discourse of reconciliatory federalism. The rhetoric is undeniably noble, and the expectations unmistakably high. While Mr. Trudeau has placed reconciliation with Indigenous peoples at the top of his agenda, it is less clear where the other partners of confederation stand. Can Canada’s Prime Minister subscribe to reconciliatory federalism while respecting the sovereignty of partners in confederation? That is a question that goes beyond discourse.

Bibliography

DUNN, Christopher (2016), “Harper without Jeers, Trudeau without Cheers : Assessing 10 Years of Intergovernmental Relations”, Institute for Research on Public Policy, Number 8, Montréal, http://irpp.org/research/canadas-changing-federal-community/, consulted on line, March 9, 2017.

FORAN, Charles (2017), “The Canada Experiment: Is this the World’s First post-national Country”, The Guardian, January 4, 2017, https://www.theguardian.com/world/2017/jan/04/the-canada-experiment-is-this-the-worlds-first-postnational-country, consulted on line, March 2, 2017.

GAGNON, Alain-G. (1993), “The Political Uses of Federalism”, in Alain-G. Gagnon and Michael Burgess (eds.), Comparative Federalism and Federation: Competing Traditions and Future Directions, Toronto, University of Toronto Press.

GOVERNMENT OF CANADA, “Making Real Change Happen: Speech from the Throne to Open the First Session of the Forty-Second Parliament of Canada”, Ottawa, December 4, 2015, http://www.speech.gc.ca/sites/sft/files/speech_from_the_throne.pdf, consulted on line, January 17, 2017.

LAFOREST, Guy (2014), Un Québec exilé dans la fédération: essai d’histoire intellectuelle et de pensée politique, Montréal, Québec Amérique.

TRUDEAU, Justin (2016), “Speech by the Prime Minister of Canada to the Assembly of First Nations Special Chiefs Assembly”, Gatineau, Québec, December 6, 2016, http://pm.gc.ca/eng/news/speeches, consulted on line, January 17, 2017.

TRUDEAU, Justin (2015a), “Letter to the Premier of Québec from Liberal Party of Canada Leader Justin Trudeau”, August 22nd, 2015, https://www.liberal.ca/letter-to-the-premier-of-quebec-from-liberal-party-of-canada-leader-justin-trudeau/, consulted on line, January 17, 2017.

TRUDEAU, Justin (2015b), “Justin Trudeau, for the record: ‘We beat fear with hope’”, transcript of Justin Trudeau’s victory speech after leading the Liberals to a majority, Montréal, October 19, 2015, http://www.macleans.ca/politics/ottawa/justin-trudeau-for-the-record-we-beat-fear-with-hope/, consulted on line, January 17, 2017.

TRUDEAU, Justin (2015c), “Statement by the Prime Minister of Canada following the swearing-in of the 29th Ministry”, Ottawa, November 4, 2015, http://pm.gc.ca/eng/node/39833, consulted on line, January 17, 2017.

TRUDEAU, Justin (2015d), “Diversity is Canada’s strength”, http://pm.gc.ca/eng/news/2015/11/26/diversity-canadas-strength,  consulted on line, January 17, 2017.

TRUDEAU, Pierre-Elliott (1968), Federalism and the French Canadians, Toronto, Macmillan.

Guy.Laforest@pol.ulaval.ca
Janique.Dubois@uottawa.ca

 

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :