Guy Laforest

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Conférences du printemps 2017 : le passé, le présent et le futur du Canada considérés dans une perspective québécoise

La version en langue anglaise suit celle en langue française/ English language version follows the version in the French language

Il y a quelque 5-6 ans, avec les collègues et amis Alain-G. Gagnon et Eugénie Brouillet, compagnons au sein du Groupe de Recherche sur les Sociétés Plurinationales (GRSP), nous avons imaginé un programme de recherches visant à imprimer une certaine direction intellectuelle aux efforts qui surgiraient immanquablement dans l’espace public québécois et canadien à l’occasion du 150e anniversaire en 2017 de la fondation fédérale du Canada. D’autres collègues de notre groupe, et notamment André Lecours et Johanne Poirier, se sont joints à nous, et nous avons reconfiguré programme de recherches, lequel a donné jusqu’à présent pas mal de fruits :

1-Une anthologie critique sur les constitutions canadiennes antérieures à 1867, publiée aussi bien en français aux Presses de l’Université Laval qu’en anglais chez McGill-Queens :

http://www.pulaval.com/produit/ces-constitutions-qui-nous-ont-faconnes-anthologie-historique-des-lois-constitutionnelles-anterieures-a-1867 et http://www.mqup.ca/constitutions-that-shaped-us–the-products-9780773546073.php#!prettyPhoto

2-Un colloque et un ouvrage revenant sur l’essentielle conférence constitutionnelle d’octobre 1864 à Québec, ouvrage déjà paru aux PUL et en préparation chez McGill-Queen’s :

http://www.pulaval.com/produit/la-conference-de-quebec-de-1864-150-ans-plus-tard-comprendre-l-emergence-de-la-federation-canadienne

3-Un colloque international, préparé d’abord et avant tout par André Lecours, sur la politique constitutionnelle dans les Etats multinationaux :

https://www.mcgill.ca/federalism/files/federalism/2016-october-constitutional_politics.pdf

4-Un autre colloque international, dans lequel Johanne Poirier a joué un rôle-clé avec Alain-G. Gagnon, sur le fédéralisme canadien et son avenir : acteurs et institutions :

http://www.federalism150conference.ca/

Dans les prochaines semaines, je souhaite approfondir la réflexion sur ces thématiques dans le cadre d’une tournée de conférences à Londres, Paris et Barcelone, avant de revenir à Montréal pour participer au Congrès de l’ACFAS, lequel se tiendra à l’Université McGill du 8 au 12 mai 2017. Voici un aperçu de ce programme de conférences et de colloques.

Le 22 avril 2017, dans le cadre du congrès de l’Association britannique des études canadiennes (British Association for Canadian Studies), lequel se tiendra à Canada House du 20 au 22 avril, je prononcerai une conférence récapitulant quelques moments déterminants dans la trajectoire de l’État canadien : les années 1867, 1967, 1982 et 2017. Il y a quelque 20 ans, je me trouvais à Londres pour un colloque semblable, à Stoke-on-Trent, avec mon collègue et ami Daniel Drache de l’Université York, au moment même de la signature de l’Accord du Vendredi-Saint, un véritable traité de paix entre le Royaume-Uni et l’Irlande, entre unionistes et républicains nationalistes de l’Irlande du Nord, symbole d’espoir sur fond d’une tragédie vieille de plusieurs décennies, voire de plusieurs siècles. Au printemps 2017, dans la foulée du référendum sur le Brexit et de l’amorce par le Royaume-Uni des négociations sur une éventuelle sortie de l’Union européenne, nous serons sans doute nombreuses et nombreux à tracer des parallèles entre notre histoire et celle du Royaume-Uni. Lors du colloque savamment organisé par les collègues et amis Alan Hallsworth et Jatinder Mann, je ferai quelques incursions sur ce territoire comparatif. Et je brosserai un tableau interprétatif en creusant chacune des dates, chacune des époques choisies, à partir de la trajectoire personnelle d’un personnage central sur fond de son réseau et de son horizon d’activités : Alexander Galt (1867), André Laurendeau (1967), Pierre-Elliott Trudeau (1982) et Justin Trudeau (2017). Pour consulter le programme de l’ensemble du colloque, voir le lien suivant: https://britishassociationforcanadianstudies.files.wordpress.com/2017/04/bacs-2017-annual-conference-programme-final6.pdf

Le 25 avril, je prononcerai une conférence à Paris, à l’invitation de mon collègue et ami Alain-G. Gagnon, dans le cadre des activités de la Chaire d’études du Québec contemporain (CEQC) de l’Université Paris-III Sorbonne Nouvelle. A Paris aussi il y aura une certaine dimension nostalgique. En effet, il y a quelque 25 ans, j’y faisais, aux mardis de la Revue Esprit et à Sciences Po Paris, des conférences sur Pierre-Elliott Trudeau et le nationalisme. Aurais-je cru possible, à cette époque, que je reviendrais à Paris en 2017 pour parler du 150e anniversaire de la fondation fédérale du Canada, alors que le fils aîné de Pierre-Elliott Trudeau, Justin, serait Premier Ministre du Canada? Je ne le pense pas. Quoi qu’il en soit, le propos de ma conférence du 25 avril est le suivant :

« Le Canada célèbre en 2017 le 150e anniversaire de sa fondation fédérale. Après des réflexions plus générales sur les théories du fédéralisme en général et au Canada en particulier, je vais d’abord essayer dans cette conférence de situer la fondation fédérale de 1867 parmi la pluralité des fondations envisageables pour ce pays complexe qu’est le Canada. Par la suite, je vais réfléchir à la place du fédéralisme dans l’architecture constitutionnelle et dans les politiques publiques au Canada, en prêtant une attention particulière aux conceptions véhiculées par le Premier Ministre du Canada, Justin Trudeau, élu en octobre 2015, et par son homologue québécois Philippe Couillard, élu en avril 2014. » Pour les coordonnées de la conférence, voir le lien suivant: http://www.univ-paris3.fr/conference-publique-de-guy-laforest-sur-reflexions-sur-la-fondation-du-canada-et-sur-l-etat-du-federalisme-en-2017–426556.kjsp

Le 27 avril je ferai une conférence, organisée par ma collègue et amie Maria Jesus Garcia Morales, à la Faculté de Droit de l’Université autonome de Barcelone, sur le campus de Bellaterra en banlieue de Barcelone. Le titre de la conférence est le suivant : « L’experiencia dels referendums Canada-Québec, amb una mirada sobre el referendum de 1995 : entre la teoria i la practica ». Particulièrement depuis la décision du Tribunal constitutionnel espagnol en juillet 2010, taillant en pièces le nouveau statut d’autonomie de la Catalogne, les Catalans et leurs gouvernements successifs essaient, sans succès, d’organiser « à la québécoise », ou encore « à l’écossaise », une consultation référendaire pour prendre la mesure de leur destin par rapport à l’Espagne et à l’Europe.

Je vais en Catalogne depuis 25 ans, je me considère extrêmement chanceux d’avoir ainsi pu découvrir une société qui est un véritable « Autre significatif » pour le Québec, et je m’y suis fait de nombreux amis. J’aborderai les thèmes suivants lors de la conférence du 27 avril : la comparaison dans la longue durée entre les rébellions de l’ère impériale (1837-1838) et celles de l’ère démocratique (les référendums de 1980 et de 1995); la chronologie de l’année 1994-1995, à partir de l’élection du gouvernement de Jacques Parizeau en septembre; l’examen des raisons fortes du projet indépendantiste québécois; les causes de la défaite de l’option souverainiste en octobre 1995; les tendances de l’appui à la souveraineté de 1995 à 2017 (sur la base des travaux de Simon Langlois); l’étude des conséquences du résultat référendaire de 1995 pour la politique canadienne et québécoise; la place des référendums québécois dans la réflexion de la science politique sur la théorie et la pratique de la démocratie (sur la base des travaux des Stephen Tierney, Eric Montigny et Patrick Taillon); finalement, un regard comparatif sur les expériences québécoise, écossaise et catalane. Et j’aurai aussi une pensée pour mon ex-étudiante, la politicienne catalane et espagnole Carme Chacon, figure de proue du Partit Socialiste dels Catalans (PSC), morte tragiquement à Madrid le 9 avril 2017 à l’âge de 46 ans.

De retour au Québec, au début mai, je participerai au congrès de l’ACFAS, lequel se déroulera cette année à l’Université McGill du 8 au 12 mai. J’y organise, avec Amélie Binette et Patrick Taillon, sous l’égide du Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie (CRIDAQ), un colloque sur Jean-Charles Bonenfant et l’esprit de la Confédération. Bonenfant (1912-1977) fut un des piliers du droit public à la Faculté de Droit de l’Université Laval, un grand humaniste, et un homme de la transition entre le Québec du régime duplessiste et celui de la Révolution tranquille. Avec Amélie Binette et Patrick Taillon, nous avons construit un ambitieux projet interprétatif autour de sa pensée et de son travail, incluant un séminaire-témoignages avec des gens qui ont travaillé avec lui, lequel s’est tenu à l’Assemblée nationale du Québec le 19 décembre 2016, le colloque de l’ACFAS, une exposition qui se tiendra en collaboration avec l’équipe de Stéphanie Bois-Houde à la bibliothèque des sciences humaines de l’Université Laval à l’automne 2017, et finalement une anthologie critique des principaux travaux de Bonenfant. Voici le texte annonçant le colloque sur le site internet de l’ACFAS :

« Le colloque Jean-Charles Bonenfant et l’« esprit » de la Confédération vise à rendre hommage, de manière dialogique et critique, à ce pionnier de l’étude des institutions politiques et à favoriser la diffusion de son œuvre. Ce titre, qui n’est pas sans rappeler l’« esprit des lois » de Montesquieu, réfère à l’article qu’il a publié en 1963 dans la Revue d’histoire de l’Amérique française, soit « L’esprit de 1867 », dans lequel il a réfléchi sur les ambitions et les objectifs des Pères de la Confédération. Cet article met l’accent sur ce qui a constitué, à bien des égards, le fil conducteur de l’œuvre de Jean-Charles Bonenfant : l’étude des idées, des acteurs et des institutions issues de la Constitution de 1867.

Le colloque cherche ainsi à revisiter l’œuvre de Bonenfant et à analyser ses liens avec les événements de 1867 afin d’assurer une compréhension plus approfondie du Canada d’hier et d’aujourd’hui. Il s’insère d’ailleurs dans un projet plus large, multiplateforme, qui, par le biais de trois modes de diffusion — une anthologie, une exposition et un colloque —, vise à faire découvrir le regard dualiste, nuancé et critique qu’a su construire Jean-Charles Bonenfant sur le pacte de 1867.

Sous une forme apparentée au séminaire et au « cercle de lecture », une quinzaine de conférenciers viendront, à partir des textes les plus marquants de l’œuvre de Bonenfant, expliquer leur perspective sur les institutions, les acteurs, le contexte sociopolitique ou les objectifs de la Confédération de 1867.

Le colloque réunira des spécialistes contemporains chargés d’examiner en profondeur le contenu de ses travaux scientifiques. Chacun de ces chercheurs invités sera « responsable » de présenter, puis de commenter un article significatif de Bonenfant et traitant d’une question dont le conférencier est lui-même spécialiste au sein de la communauté scientifique.

En provenance de plusieurs disciplines (droit, science politique, histoire, sociologie et philosophie), les conférenciers porteront un regard croisé sur les écrits de Bonenfant et offriront à cet événement un caractère interdisciplinaire qui rend possible une analyse systématique et inédite de l’œuvre de l’un des plus importants spécialistes des institutions du Québec.

Plus qu’un simple bilan, le colloque Jean-Charles Bonenfant et l’« esprit » de la Confédération permettra de dégager de nouvelles perspectives en revisitant ces travaux à la lumière des évolutions subséquentes du fédéralisme canadien et en identifiant des pistes ou des hypothèses de recherche qui, bien qu’abordées dans cette œuvre, restent encore à approfondir près de 40 ans après son décès. »

Outre Amélie Binette, Patrick Taillon et moi-même, les collègues suivants seront conférencières ou conférenciers au colloque de l’ACFAS, les 9-10 mai au pavillon Burnside Hall (1B39) : Johanne Poirier, Jean Leclair, Valérie Lapointe-Gagnon, Daniel Weinstock, Noura Karazivan, Eugénie Brouillet, Marc Chevrier, Martin Pâquet,Éric Bédard, Jacques Beauchemin, François-Olivier Dorais, Sylvio Normand.

Jean-Charles Bonenfant a écrit certains de ses textes les plus fondamentaux sur le Canada autour de 1967, alors que le pays s’apprêtait à célébrer le centenaire de sa fondation fédérale. Bonenfant éprouvait beaucoup de respect pour les principaux acteurs politiques des grandes conférences du XIXe siècle, à Charlottetown, Québec et Londres. Toutefois, il ne les idéalisait pas démesurément. On trouve, dans la pensée de Bonenfant, un sain équilibre entre idéalisme et réalisme. Je m’inspirerai de lui lors de chacune des conférences que je prononcerai en Europe ce printemps. Au fond, nous pourrions faire de Bonenfant un membre honoraire de nos équipes de recherche…

Conferences of April and May 2017: the past, present and future of the Canadian state seen from a perspective anchored in Québec

About five or six years ago, with my colleagues and friends Alain-G. Gagnon and Eugénie Brouillet, fellow-travelers within the Research Group on Plurinational Societies (Groupe de Recherche sur les Sociétés Plurinationales, GRSP), we imagined a research programme aimed at providing a kind of intellectual direction to the reflections, which we thought would inevitably arise over time, about the 150th anniversary in 2017 of the federal founding of Canada. Other colleagues, such as André Lecours and Johanne Poirier, joined our original initiative, and we went forward with our recalibrated idea. Our efforts have so far yielded the following fruits:

1-A critical anthology of Canadian constitutions prior to 1867, which has been published in French by Presses de l’Université Laval and in English by McGill-Queen’s University Press:

http://www.pulaval.com/produit/ces-constitutions-qui-nous-ont-faconnes-anthologie-historique-des-lois-constitutionnelles-anterieures-a-1867 et http://www.mqup.ca/constitutions-that-shaped-us–the-products-9780773546073.php#!prettyPhoto

2-A colloquium on the essential October 1864 Conference of Quebec between the representatives of British North American colonies, which happens to be the political and legal anchor of the Constitution Act, 1867; the revised colloquium papers were transformed into a book which has been published in French by Presses de l’Université Laval, to be soon translated and published in the English language by McGill-Queen’s University Press:

http://www.pulaval.com/produit/la-conference-de-quebec-de-1864-150-ans-plus-tard-comprendre-l-emergence-de-la-federation-canadienne

3- An international conference, essentially under the stewardship of André Lecours, on constitutional politics in multinational states, which took place in Gatineau-Ottawa at the end of October, 2016. Papers are being revised for publication under the supervision of André Lecours, Nikola Brassard-Dion and myself:

https://www.mcgill.ca/federalism/files/federalism/2016-october-constitutional_politics.pdf

4- An additional international conference took place at McGill University, on the train to Québec City and at Musée de la Civilisation in the capital of Québec, March 23-24, 2017. The conference was organized by Johanne Poirier and Alain-G. Gagnon, with the help of Eugénie Brouillet and myself. The theme of the conference was as follows: “Canadian federalism and its future: actors and institutions”:

http://www.federalism150conference.ca/

In April and May 2017, I gave a series of talks on these issues as I travelled in Europe on behalf of the Groupe de Recherche sur les Sociétés Plurinationales (GRSP), where I lectured in a variety of contexts in London, Paris and Barcelona. Upon returning in Montréal I attended the ACFAS Congress (http://www.acfas.ca/) at McGill University and, later on, the Congress of the Federation for the Humanities and Social Sciences of Canada (http://www.idees-ideas.ca/) at Ryerson University in Toronto.

On April 22nd, 2017, I attended the conference of the British Association of Canadian Studies at Canada House in London, England. I gave a talk on some key moments in the unfolding of the Canadian state: 1867, 1967, 1982 and 2017. About twenty years ago I was in the U.K. for a similar conference held at Stoke-on-Trent, with my colleague and friend Daniel Drache, from York University, at the time of the signing of the Good Friday Agreement, a treaty of peace between the United Kingdom and Ireland, between Unionists and nationalist Republicans of Northern Ireland, and a real symbol of hope in the context of a tragic struggle reaching back many decades, indeed many centuries. In the spring of 2017, in the aftermath of the Brexit referendum and as the British Prime Minister, Theresa May, has recently initiated the process leading to the British departure from the European Union, many of us thought about those great historical events while looking for parallels with our own Canadian history. In my own talk, I made references to these comparative trajectories before proposing an interpretive panorama insisting, for each relevant year, on a key historical figure and his network of significant others: Alexander Galt (1867), André Laurendeau (1967), Pierre Elliott Trudeau and Justin Trudeau (2017). The full programme of the conference in London is available here: https://britishassociationforcanadianstudies.files.wordpress.com/2017/04/bacs-2017-annual-conference-programme-final6.pdf

After London, I travelled to Paris, where I lectured at the invitation of my colleague and friend Alain-G. Gagnon, the founder and leader of GRSP. In Paris, in 2016-2017, Alain-G. Gagnon held the Visiting Chair for the Study of Contemporary Québec (Chaire d’études du Québec contemporain), at Paris-III Sorbonne Nouvelle. In Paris as well, a nostalgical dimension was in the air. Indeed, twenty-five years ago, I gave a talk on Pierre Elliott Trudeau and nationalism at the weekly gathering of a famous journal, “Esprit”, and at Sciences Po Paris. Would I have thought possible, at that time, that I would come back to Paris one day while Mr. Trudeau’s son, Justin, would be Prime Minister of Canada? I do not think so.

The topic of my lecture in Paris had to do with the interpretation of the plurality of Canada’s foundings, in the context of the 150th anniversary of the federal establishment of the country in 1867, and with an evaluation of the state of federalism in 2017. With regards to the second dimension of the talk, I mostly insisted on the conceptions of the current Prime Minister, Justin Trudeau, and those of his counterpart in Québec City, Premier Philippe Couillard. The ad for the conference can be consulted here: http://www.international.gouv.qc.ca/fr/accueil/activites/18328?pReturnUrl=%2Ffr%2Faccueil%2Factivites%3Fsec%3D-1%26iNoMois%3D-1%26iAnnee%3D-1%26iCurrentPageIndex%3D3

After Paris, I travelled to Barcelona, at the invitation of my colleague and friend Maria Jesus Garcia Morales, from the Law Faculty of the Autonomous University of Barcelona (Universitat Autonoma de Barcelona). The conference explored the experience of referendums in Canada and Québec, placing the emphasis on the 1995 sovereignty referendum. Such referendums have had theoretical implications for law and political science, as well as practical consequences. I tried to delve on both of these in the context of the internal Catalan debate on the eventual organization of a sovereignty referendum.

I consider myself very fortunate to have had numerous possibilities to travel to Catalunya in the past twenty-five years, becoming more and more aware that this society is an authentic “Significant Other” for Québec. Many people have offered me their friendship over the years, including the Socialist politician Carme Chacon, who died tragically a few weeks ago. Maria Jesus Garcia Morales and myself paid homage to her during the conference held at the Bellaterra campus. Following the outline of the lecture, the following dimensions were discussed: comparing the rebellions of the imperial era (1837-1838) with the rebellions of the democratic age (1980-1995); the chronology of the year 1994-1995 in Québec; an analysis of the deep motivations of the sovereignty movement in Québec; the causes of the sovereigntist defeat in 1995; public opinion trends with regards to sovereignty between 1995 and 2017 (on the basis of the works of sociologist Simon Langlois); the consequences of the 1995 referendum for politics in Canada and Québec; the unique place of Québec’s referendums in comparative political science and comparative constitutional law (on the basis of the works of Stephen Tierney, Eric Montigny and Patrick Taillon); and finally, a comparative exploration of the situations of Québec, Catalunya and Scotland.

Upon returning to Canada and Québec in early May 2017, I attended the ACFAS congress (Association francophone pour le savoir), held at McGill University, May 8-12. With my colleagues and friends Patrick Taillon, Amélie Binette and Eric Montigny, I organized a colloquium on Jean-Charles Bonenfant and the spirit of Confederation. The colloquium was organized by the Centre de recherche interdisciplinaire sur la diversité et la démocratie (CRIDAQ), and by the research chair on democracy and parliamentary institutions (Chaire sur la démocratie et les institutions parlementaires) at Université Laval. Bonenfant (1912-1977) was a pioneer for the study of public law at Université Laval, and a great humanist. The human and social sciences university library at Laval bears his name. Patrick Taillon, Amélie Binette and myself have developed a multi-platform programme to interpret his work: an exhibition is being prepared in partnership with the library, and we are also preparing a critical anthology. In December 2016, at the Assemblée Nationale in Québec City, we brought together many people who had either worked with him or been his students in previous decades. The ACFAS colloquium completes our programme.

In 1963, in the journal Revue d’histoire de l’Amérique française, Bonenfant had published an article entitled « L’Esprit de 1867 », in the tradition of Montesquieu’s famous book, « The Spirit of the Laws ». In his own article, Bonenfant had tried to analyse the objectives and ambitions of the founders of the Canadian federation between the years 1864-1867. Using this key text as a symbol for our whole project, we invited scholars to start from the thought of Bonenfant to explore, critically and dialogically, the past, present and future contours of the Canadian federal state.

Anchored in a plurality of disciplines (law, political science, history, sociology and philosophy), the participants approached Bonenfant’s writings in an interdisciplinary fashion, lending systematicity and originality to the interpretation of the work of one of the most important specialists of Québec’s institutions.

Beyond the idea of an assessment, the colloquium on Bonenfant and the spirit of Confederation attempted to lead to the identification of new perspectives, revisiting Bonenfant’s studies in the light of further work in the interpretation of Canadian federalism, thus specifying the contours of avenues of reflection and hypotheses that he may have broached upon without analyzing them with sufficient depth. Many participants praised the uniqueness of the approach, as each analyst started her or his presentation on the basis of her or his reading of one among a carefully selected list of documents produced by Bonenfant over the years. This approach gave to the colloquium the form of a seminar or that of a reading group, explaining along the way Bonenfant’s interpretations of the institutions, actors, socio-political context and objectives surrounding the project of Confederation around 1867.

In addition to Amélie Binette, Patrick Taillon and myself, the following colleagues presented papers or gave their views at the colloquium on Bonenfant held during the ACFAS congress held at McGill, May 9-10, 2017: Johanne Poirier, Jean Leclair, Valérie Lapointe-Gagnon, Daniel Weinstock, Magali Paquin, Noura Karazivan, Marc Chevrier, Martin Pâquet, Éric Bédard, Jacques Beauchemin, François-Olivier Dorais, Sylvio Normand, Eric Montigny and Julien Fournier.

Jean-Charles Bonenfant has written some of his most important interpretive essays on Canada around 1967, as the country was in the midst of celebrating the centennial of its federal founding. Undeniably, he had a lot of respect for the political actors of the great conferences of the 19th century, held at Charlottetown, Québec City and London. However, he refrained from idealizing them too much. Thus one can find, in his writings, a healthy balance between idealism and realism. I had such a balance in mind upon all occasions at which I spoke in the spring of 2017. With this in mind, maybe we should make Bonenfant a honorary member of our research teams….

Beside the colloquium on Bonenfant and the spirit of Confederation, during the ACFAS congress one of the graduate students I supervise at the M.A. level, Katryne Villeneuve-Siconnelly, gave a talk, based on a paper we have co-authored, entitled “Le devenir-petite-nation de la France”. The paper and the talk present the findings of a research project I conducted in Paris in 2013-2014, interviewing roughly a dozen of elected representatives in the French National Assembly, with a group of twenty-six additional representatives responding to a questionnaire about the current state of French national identity. The talk was given in the aftermath of the 2017 French presidential campaign, which led to the victory of Emmanuel Macron and which was marked by complex, and at times, dramatic, discussions about the current state of France and of its national identity. As Uriel Abulof has shown in his seminal works, at times big countries can be traversed by the anxieties normally associated with those of small nations, and our research at the French National Assembly demonstrated this.

Paradoxically, as the French malaise about national identity persists, Canadian politics seems to be marked by a surge of national hopes and ambitions under the leadership of Justin Trudeau. This new face of Canadian idealism and nationalism is explored in a paper to be presented by Janique Dubois, of the University of Ottawa, and myself, during the conference of the Canadian Political Science Association, which will take place in late May 2017 at Ryerson University in Toronto, as part of the Congress of the Canadian Federation for the Humanities and Social Sciences. The paper will explore the emergence of a new approach towards federalism that we believe Justin Trudeau has developed in many of his speeches and discourses since the electoral triumph of the Liberal Party of Canada, led by him, on October 19, 2015. Janique Dubois and myself hope to publish the results of our reflections in a variety of forums in the foreseeable future.

About a month before the real 150th anniversary of the federal founding of Canada in 1867, the search for balance between past, present and future, in the unfolding of the Canadian state, remains an important challenge, in the troubling and turbulent world of the twenty-first century.

 

 

 

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