Guy Laforest

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Le parcours de liberté d’une féministe critique et rebelle: Diane Lamoureux à L’Université Laval, 1986-2016

La version anglaise suit la version en langue française/English version follows text in French

I-Introduction

J’approfondis ici, dans ce premier billet sur mon blogue en 2017, l’hommage que j’ai rendu à mon amie et collègue Diane Lamoureux en décembre dernier, alors que le département de science politique de l’Université Laval lors de son souper de Noël soulignait son départ à la retraite, comme celui d’ailleurs d’un de mes meilleurs anciens professeurs, Gérard Hervouet.

II-Hommage à une collègue et amie

Je ne vais pas quantifier bêtement (combien de livres, d’articles, de cours, de thèses dirigées, etc..) la carrière de Diane Lamoureux, mais plutôt donner une idée de sa trajectoire intellectuelle et universitaire d’ensemble. Je commencerai, de manière un peu ironique car Diane Lamoureux, c’est le moins que l’on puisse dire, n’est pas toujours du côté des traditions, par la situer un peu dans les traditions de notre département et de notre faculté.  Il y a quelque vingt-cinq ans, nos collègues Raymond Hudon et Réjean Pelletier publiaient un ouvrage collectif pour honorer la carrière d’un des fondateurs de notre département, Léon Dion. Le titre du livre était le suivant : L’engagement intellectuel : mélanges en l’honneur de Léon Dion (https://www.pulaval.com/produit/lengagement-intellectuel-melanges-en-lhonneur-de-leon-dion). Parler de la carrière de Diane Lamoureux, sur cet horizon, ce sera donc parler des engagements sociaux, politiques et intellectuels d’une féministe radicale dans le Québec d’après la Révolution tranquille et dans le monde. Je ne suis pas sûr, par ailleurs, que Diane Lamoureux reprendrait cette formule du fondateur de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, le père dominicain Georges-Henri Lévesque, selon qui la liberté venait aussi de Dieu. Toutefois, je crois qu’elle se retrouverait d’emblée dans cette autre formule de notre fondateur, affirmant la nécessité de lutter conjointement pour la liberté de la culture et pour la culture de la liberté. Je soulignerai ici que dans son dernier livre, Les possibles du féminisme : Agir sans « Nous », Diane Lamoureux définit précisément le féminisme comme étant essentiellement un parcours de liberté (p.10). Cette idée d’un parcours de liberté me semble être le leitmotiv de l’ensemble de la carrière de Diane Lamoureux, laquelle se décline comme un engagement déterminé, théorique mais aussi pratique, pour la liberté des femmes, mais pas uniquement pour elles, pour l’autonomie et contre tous les totalitarismes (notamment avec Hannah Arendt). Liberté, autonomie, libération, émancipation, tels sont les maîtres mots du premier faisceau sémantique, ou registre conceptuel, de l’œuvre de Diane Lamoureux,  que je considère comme un travail exemplaire d’approfondissement de l’inspiration initiale du père Lévesque. Dans ce registre conceptuel, l’œuvre de Diane Lamoureux est l’une des plus belles et des plus fortes produites en sciences sociales à l’Université Laval et dans l’ensemble du Québec au cours des 50 dernières années.

Diane Lamoureux n’en a jamais fait mystère, le lieu d’où elle parle est le féminisme. Elle le dit clairement dans son dernier livre :

 

« Si j’avais à faire un bilan de mes interventions militantes et de mes préoccupations intellectuelles, je dirais que mon ancrage se situe dans le féminisme, un féminisme qui essaie de lutter contre toutes les formes de domination et d’oppression. Cela m’a amenée à militer également dans d’autres lieux que le mouvement des femmes, mais sans jamais perdre de vue les perspectives féministes. » (p.19)

Outre un premier registre conceptuel ou faisceau sémantique autour de la liberté et de l’autonomie, la trajectoire de Diane Lamoureux recèle de mon point de vue au moins quatre autre registres ou faisceaux semblables. Dans un deuxième temps, donc, sur le terrain de la militance sociale, où celles et ceux qui la côtoient reconnaissent ses habiletés de stratège et de tacticienne, faisant preuve d’une clairvoyance redoutable dans l’action. Qui s’y frotte s’y pique! Les mots-clés sur ce terrain sont les suivants : luttes, tensions, combats, affrontements, opposition, contestation rébellions, révoltes, dissidences. Dans un troisième temps, dans le contexte de ses réflexions et de ses pratiques autour de la démocratie, dans un champ où en disciple d’Hannah Arendt elle a cherché à cerner le sens du jugement, de la raison, en contexte politique. Les mots-clés dans ce champ sont les suivants : démocratie, citoyennes/citoyens, engagement, sphère publique, agir ensemble, représentation, délibération, participation. Dans un quatrième temps, autour de ses propres perspectives indignées comme citoyenne et comme être humain, toujours de mauvaise humeur devant l’injustice sous toutes ses formes. Les mots-clés sur cet horizon sont les suivants : exploitation, oppression, répression, marginalisation, absence de pouvoir, violence, sexisme, racisme, discrimination, autoritarisme, totalitarisme, impérialisme, colonialisme. Et puis, de manière plus englobante, comme professeure d’université, Diane Lamoureux a travaillé plus de trois décennies en science politique, à partir de son ancrage dans un féminisme critique, radical et rebelle. Les mots-clés de son engagement professoral sont les suivants : pensée politique, philosophie et théorie politiques, histoire intellectuelle, histoire des idées politiques, études des mouvements sociaux, féminisme, théorie critique. Comme théoricienne/historienne des idées politiques ancrée dans le féminisme, Diane Lamoureux s’intéresse à un très vaste éventail de théoriciennes et de militantes, de Christine de Pizan, à Simone de Beauvoir et Idola Saint-Jean, de Rosa Luxembourg à Hannah Arendt et Françoise Collin, sans négliger les travaux récents des Carole Pateman, Nancy Fraser et Iris Marion Young. Les citations qui suivent donnent un aperçu de la pertinence contemporaine, de la sensibilité et de l’humanité profonde de ses réflexions :

III-Citations

« Notre propre « printemps érable » au Québec a d’abord été un printemps, c’est-à-dire une saison des renouveaux, où une partie de la jeunesse québécoise a proclamé « nous sommes avenir » et a fait un accroc majeur non seulement à la gangue néolibérale qui nous étouffe, mais surtout à la torpeur qu’entretient la classe politique. » (Faire place à l’avenir, p.26)

« Arendt peut aussi nous inspirer avec son principe de pluralité. Celui-ci ne renvoie pas qu’au pluralisme des idées ou qu’au relativisme des valeurs, mais à la capacité de chacun et de chacune de penser et de prendre sa responsabilité à l’égard du monde tout en tenant compte du fait que nous ne sommes pas seuls à l’habiter et que c’est avec nos semblables, et non à leur encontre, qu’il importe de le façonner. La pluralité nous invite à cultiver autant l’esprit de la rébellion que celui de la discussion. Elle invite à penser par soi-même, sans se contenter du prêt-à-penser, mais aussi à argumenter et à écouter ce que les autres ont à nous apporter. » (Faire place à l’avenir, p.27).

« C’est en expérimentant concrètement le plaisir de l’action concertée et en voyant l’enrichissement que cela apporte à nos vies que nous serons à même de soutenir l’intérêt pour le politique. Utopie? La démocratie est une construction qu’il faut reprendre sans cesse, nécessairement imparfaite et inachevée. Mais le rêve permet de ne pas se contenter du médiocre. » (Renouveler la culture politique, p.22).

« Lutte contre les différentes formes d’assujettissement, promotion de l’autonomie individuelle et collective des femmes, dénonciation des injustices, revendication de droits, le féminisme ne peut se contenter de faire inclure des femmes au sein des élites et constitue, aujourd’hui comme hier, un projet révolutionnaire. Rien de ce qui concerne le vivre ensemble des êtres humains ne lui est étranger. »  (Les possibles du féminisme, p.10).

IV-Conclusion

Les machos de l’ordre patriarcal encore établi, les forces anonymes du marché, les classes dominantes, anciennes et nouvelles, n’ont qu’à bien se tenir. La militante Diane Lamoureux, appuyée sur sa pensée rebelle et dorénavant émancipée de sa charge de travail universitaire, sera de toutes les luttes citoyennes, comme théoricienne du féminisme radical, praticienne de la démocratie directe, solidaire de celles et ceux qui résistent dans la société contemporaine, toujours aussi fougueuse pour dénoncer la criminalisation de la contestation, la culture du viol sous toutes ses formes, la pathologisation des marges.

La pensée de Diane Lamoureux? Un féminisme de liberté, rebelle et critique, et un imaginaire d’espoir, dans un monde toujours plus complexe qui a bien besoin et de l’un et de l’autre en 2017. Le dernier mot lui appartient :

« Ainsi, tel Virgile pour Dante, Hannah Arendt peut nous aider à trouver notre voix et à explorer des voies de changement, à développer un langage et des outils pour nous orienter dans un monde dont il est encore possible de faire émerger la beauté en dépit des ravages de nombreux systèmes d’oppression. Chaque fois que nous pensons et agissons ensemble, si minuscules que soient les espaces que nous dégageons, nous créons une part d’humanité qu’il nous incombe de laisser se déployer » (Faire place à l’avenir, p.27).

 

V-Suggestions bibliographiques

Voir d’abord la page de Diane Lamoureux sur le site du département de science politique de l’Université Laval : https://www.pol.ulaval.ca/?pid=225

I-Sélection de livres :

Les possibles du féminisme : agir sans « Nous », Les éditions du remue-ménage, Montréal, 2016, 277 p.

 Le trésor perdu de la politique : espace public et engagement citoyen, Ecosociété, Montréal, 2013, 112 p.

Pensées rebelles : autour de Rosa Luxembourg, Hannah Arendt et Françoise Collin, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 2010, 200 p.

L’amère patrie : féminisme et nationalisme dans le Québec contemporain, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 2001, 181 p. Disponible en ligne sur le site des Classiques des sciences sociales, http://classiques.uqac.ca/contemporains/lamoureux_diane/entre_feminisme_nationalisme/entre_feminisme_nationalisme.html

Diane Lamoureux et Michel Duquette, Les idées politiques de Platon à Marx, Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 1993, 480 p.

Citoyennes? Femmes, droit de vote et démocratie, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 1989, 195 p.

Fragments et collages : essai sur le féminisme québécois des années 70, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 1986.

II-Sélection d’articles et de chapitres

Faire place à l’avenir, Relations, numéro 784, p.26-27. (Accessible en ligne via le portail érudit (https://www.erudit.org/

« Retrouver la radicalité du féminisme, Possibles, XXXVIII (1),été 2014, p.57-70; en ligne, http://redtac.org/possibles/files/2014/07/vol38_no1_s1p1_Lamoureux.pdf

« Renouveler la culture politique »,Relations, numéro 756, 2012, p.20-22. (Accessible en ligne via le portail érudit https://www.erudit.org/

« Le féminisme comme théorie critique en histoire des idées politiques », dans Dalie Giroux et Dimitrios Karmis (dir.), Ceci n’est pas une idée politique, Presses de l’Université Laval, Québec, 2013, p.313-330.

« Féminisme et démocratie libérale : un rapport paradoxal, dans Martin Breaugh et Francis Dupuis-Déri (dir.), La démocratie au-delà du libéralisme : perspectives critiques, Athéna, Montréal, 2009, p.139-157.

The freedom journey of a critical and rebel feminist : Diane Lamoureux at Université Laval, 1986-2016

I-Introduction

I seek to deepen here, as I make the first entry of the new year on my blog, a tribute I paid to my colleague and friend Diane Lamoureux a month ago, upon the occasion of the Christmas dinner held by the community (faculty and staff) of Université Laval’s  department of political science, marked by the retirement of Professor Lamoureux and by the one as well of one of the best of my former teachers, Gérard Hervouet.

II-Homage to a colleague and friend

I am not going to quantify mechanically (how many books, articles, supervised theses, etc…) Diane Lamoureux’s career. Rather, I shall attempt to provide a comprehensive overview of her academic and intellectual trajectory. I shall begin in a somewhat ironical manner by placing her work in the context of the traditions of our department of political science and of our faculty of social sciences, for Diane Lamoureux, it is a strong understatement to say so, is infrequently in favour of upholding traditions. Some twenty-five  years ago two of our colleagues, Raymond Hudon and Réjean Pelletier, edited a book to honour one of the founders of our department, Léon Dion. The title of the book was as follows: L’engagement intellectuel: mélanges en l’honneur de Léon Dion (https://www.pulaval.com/produit/lengagement-intellectuel-melanges-en-lhonneur-de-leon-dion). Characterizing Diane Lamoureux’s career on such a horizon thus requires to speak about the social, political and intellectual engagements of a radical feminist in post-Quiet Revolution Québec and in the world. Besides, I am not sure Diane Lamoureux would claim as her own this formula of the founder of our faculty of social sciences, Dominican Father Georges-Henri Lévesque, when he said that freedom also comes from God. However, I believe she would be more comfortable with another expression of our founder, when he affirmed the necessity of struggling jointly for the freedom of culture and for the culture of freedom. In her last book, “Les possibles du féminisme: agir sans “nous””, Diane Lamoureux precisely defines feminism as a journey towards freedom (p.10). I consider this idea of a journey of freedom as the leitmotiv of Diane Lamoureux’s whole career, considered as a determined engagement, theoretical as well as practical, for the freedom of women, but also for the liberty of all human beings, for the promotion of autonomy against all totalitarianisms (on the side, among others, of Hannah Arendt). Freedom, autonomy, liberation, emanc ipation, those are the key words forming the first major conceptual cluster in the political thought of Diane Lamoureux, that I regard as an exemplary deepening of the initial inspiration of our founder. In the constellation of this conceptual cluster, her work stands on top of everything that has been produced in our university, and across Québec, in the last 50 years.

Diane Lamoureux has always made crystal clear that feminism is  the place from which she is speaking. She says so explicitly in her last book:

« Si j’avais à faire un bilan de mes interventions militantes et de mes préoccupations intellectuelles, je dirais que mon ancrage se situe dans le féminisme, un féminisme qui essaie de lutter contre toutes les formes de domination et d’oppression. Cela m’a amenée à militer également dans d’autres lieux que le mouvement des femmes, mais sans jamais perdre de vue les perspectives féministes. » (p.19)

« If I had to make a summary of my activities as a militant and of my intellectual preoccupations, I would say that my anchor has been in the contours of feminism, a feminism that attempts to struggle against all forms of domination and oppression. This has led me to become involved in other battles than the fight on behalf of women, but while never forgetting feminist perspectives.”

Beyond a first conceptual cluster around notions such as liberty and autonomy, I believe that Diane Lamoureux’s career has contained at least four other such clusters. The second cluster belongs to the world of social activism, where most people acting with her recognize her lucidity as a strategist and as a tactician, always extremely clearsighted. Those who happened to be on her path paid the price! The key words on this terrain are as follows: struggles, tensions, fights, combats, opposition, contestation, rebellions, dissent. The third cluster deals with the contexts of her reflections and of her practices around democracy, in a field where, as a disciple of Hannah Arendt, she has attempted to decipher the meaning of judgment, of practical reason. The key words in this configuration are the following ones: democracy, citizenship, citizens, engagement, public sphere, acting together, representation, deliberation, participation. The fourth cluster belongs to the universe of her sense of indignation, as a citizen and as a human being,  always in a bad mood when confronting injustice in all its forms. The key words on this horizon are the following ones: exploitation, oppression, repression, marginalization, powerlessness, violence, sexism, racism, discrimination, authoritarianism, totalitarianism, imperialism, colonialism. Finally, to sum it all,  Diane Lamoureux has labored for more than three decades in the academic discipline of political science, from the faithful perspective of her anchor in a critical, radical and rebellious feminism. The key words or expressions of her academic engagement have been the following ones: political theory, political philosophy, intellectual history, history of political ideas, feminism, critical theory. As a theoretician and a historian of political ideas, she has been involved with the thought and practices of vast array of historical figures, from Christine de Pizan to Idola Saint-Jean and Simone de Beauvoir, from Rosa Luxemburg to Hannah Arendt and Françoise Collin, without neglecting the recent works of Carole Pateman, Nancy Fraser and Iris Marion Young. The following quotes, hopefully, will  provide readers with a glimpse of the contemporary relevance of her work, of its sensibility and of its profound humanity:

 

 

 

III-Quotes

« Notre propre « printemps érable » au Québec a d’abord été un printemps, c’est-à-dire une saison des renouveaux, où une partie de la jeunesse québécoise a proclamé « nous sommes avenir » et a fait un accroc majeur non seulement à la gangue néolibérale qui nous étouffe, mais surtout à la torpeur qu’entretient la classe politique. » (Faire place à l’avenir, p.26)

« Arendt peut aussi nous inspirer avec son principe de pluralité. Celui-ci ne renvoie pas qu’au pluralisme des idées ou qu’au relativisme des valeurs, mais à la capacité de chacun et de chacune de penser et de prendre sa responsabilité à l’égard du monde tout en tenant compte du fait que nous ne sommes pas seuls à l’habiter et que c’est avec nos semblables, et non à leur encontre, qu’il importe de le façonner. La pluralité nous invite à cultiver autant l’esprit de la rébellion que celui de la discussion. Elle invite à penser par soi-même, sans se contenter du prêt-à-penser, mais aussi à argumenter et à écouter ce que les autres ont à nous apporter. » (Faire place à l’avenir, p.27).

« C’est en expérimentant concrètement le plaisir de l’action concertée et en voyant l’enrichissement que cela apporte à nos vies que nous serons à même de soutenir l’intérêt pour le politique. Utopie? La démocratie est une construction qu’il faut reprendre sans cesse, nécessairement imparfaite et inachevée. Mais le rêve permet de ne pas se contenter du médiocre. » (Renouveler la culture politique, p.22).

« Lutte contre les différentes formes d’assujettissement, promotion de l’autonomie individuelle et collective des femmes, dénonciation des injustices, revendication de droits, le féminisme ne peut se contenter de faire inclure des femmes au sein des élites et constitue, aujourd’hui comme hier, un projet révolutionnaire. Rien de ce qui concerne le vivre ensemble des êtres humains ne lui est étranger. »  (Les possibles du féminisme, p.10).

Note that I am not providing here complete translations of these quotes. However, here are translations of the last sentences of the two penultimate quotes:

“Utopia? Democracy is but a construction that should be regularly renewed, necessarily imperfect and unfinished. The idea of such a dream is that we should never content ourselves with mediocrity…. Today as yesterday, feminism remains a revolutionary project. Nothing that pertains to the common life of human beings is stranger to it.

IV-Conclusion

The machistas of the perennially established order, the anonymous forces of the market, the dominant classes, old and new, have been duly warned. Diane Lamoureux, the forceful militant, anchored in the rebelliousness of her thought, and moreover liberated from her teaching and other academic obligations, shall be present in all struggles involving citizenship issues, both as a theoretician of radical feminism and as a practitioner of radical democracy, in solidarity with all those who resist in contemporary society, denouncing passionately the criminalization of contestation, the culture of rape in all its forms, the pathologization of margins.

The political thought of Diane Lamoureux? A feminism of freedom, at once rebellious and critical, and a social imaginary of hope, in a world ever more complex that requires both, now more than ever in 2017. She should have the last word:

« Ainsi, tel Virgile pour Dante, Hannah Arendt peut nous aider à trouver notre voix et à explorer des voies de changement, à développer un langage et des outils pour nous orienter dans un monde dont il est encore possible de faire émerger la beauté en dépit des ravages de nombreux systèmes d’oppression. Chaque fois que nous pensons et agissons ensemble, si minuscules que soient les espaces que nous dégageons, nous créons une part d’humanité qu’il nous incombe de laisser se déployer » (Faire place à l’avenir, p.27).

« Thus, as Virgil did for Dante, Hannah Arendt can help us to find our own voice and to explore avenues of change, to develop a language and tools capable of orienting us in a world where it remains possible to act so as to facilitate the emergence of beauty, despite the ravages of numerous systems of oppression. Each time that we think and act together, however minuscule the spaces we liberate may appear, we do create a part of humanity whose duty of ours it is to encourage its deployment.”

V-Bibliographical orientation

`Readers should first go to Diane Lamoureux’s personal homepage, on the website of Laval’s department of political science : https://www.pol.ulaval.ca/?pid=225

I-A selection of books :

Les possibles du féminisme : agir sans « Nous », Les éditions du remue-ménage, Montréal, 2016, 277 p.

 Le trésor perdu de la politique : espace public et engagement citoyen, Ecosociété, Montréal, 2013, 112 p.

Pensées rebelles : autour de Rosa Luxembourg, Hannah Arendt et Françoise Collin, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 2010, 200 p.

L’amère patrie : féminisme et nationalisme dans le Québec contemporain, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 2001, 181 p. Available on line, http://classiques.uqac.ca/contemporains/lamoureux_diane/entre_feminisme_nationalisme/entre_feminisme_nationalisme.html

Diane Lamoureux et Michel Duquette, Les idées politiques de Platon à Marx, Presses de l’Université de Montréal, Montréal, 1993, 480 p.

Citoyennes? Femmes, droit de vote et démocratie, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 1989, 195 p.

Fragments et collages : essai sur le féminisme québécois des années 70, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 1986.

II-A selection of articles and chapters

Faire place à l’avenir, Relations, numéro 784, p.26-27. (Available on line via the Erudit platform, (https://www.erudit.org/

« Retrouver la radicalité du féminisme, Possibles, XXXVIII (1),été 2014, p.57-70; on line, http://redtac.org/possibles/files/2014/07/vol38_no1_s1p1_Lamoureux.pdf

« Renouveler la culture politique »,Relations, numéro 756, 2012, p.20-22. (Available on line via the érudit platform, https://www.erudit.org/

« Le féminisme comme théorie critique en histoire des idées politiques », in Dalie Giroux and Dimitrios Karmis (dir.), Ceci n’est pas une idée politique, Presses de l’Université Laval, Québec, 2013, p.313-330.

« Femenismos singulares y femenismos plurales », in Patricia Batista Rodriguez y Carla Rodriguez Gonzalez, Nacion, diversidad y genero: perspectivas criticas, Anthropos Editorial, Barcelona, 2010, p.41-63.

“The Paradoxes of Québec Femenism”, in Stéphan Gervais, Christopher Kirkey and Jarrett Rudy (ed.), Québec Questions, Oxford University Press, Oxford, 2010.

« Féminisme et démocratie libérale : un rapport paradoxal, in Martin Breaugh and Francis Dupuis-Déri (dir.), La démocratie au-delà du libéralisme : perspectives critiques, Athéna, Montréal, 2009, p.139-157.

 

 

 

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